Le géant coréen de l'électronique annonce l'arrêt total de la production de son nouveau téléphone après de multiples incidents.

 |  Posted by Christelle Lebrasse  |  0

Ce devait être l'arme fatale de Samsung pour garder Apple à distance. Las. Moins de deux mois après son lancement, le géant sud-coréen de l'électronique a annoncé mardi l'arrêt définitif de la production du Galaxy Note 7, dont la batterie présente un risque d'incendie. Retour en cinq dates sur le plus grand fiasco de l'histoire de Samsung dans le secteur de la téléphonie mobile.

C'est le 19 août que Samsung commercialise le Galaxy 7 Note en Corée du Sud et aux Etats-Unis. Ce téléphone censé concurrencer l'iPhone 7 d'Apple est la dernière version de la gamme de terminaux XXL (aussi appelés phablettes) lancée par le groupe en 2011. Cette famille de produits se caractérise par la taille d'écran - 5,7 pouces (contre 5,1 pouces pour le Galaxy S7, et 4,7 pouces pour l'iPhone 6S) - et la présence d'un stylet (le « S Pen »), qui permet de prendre des notes, dessiner et travailler à même l'écran, détaille Les Echos . La sortie du Galaxy Note 7 est d'autant plus attendue en Europe que son ancêtre, le Galaxy Note 5, n'y avait pas été commercialisé.

Le 24 août, Samsung déclare rencontrer des problèmes de logistique alors que la demande pour son nouveau produit est plus forte que prévu. « Les réservations pour le Galaxy Note 7 ayant largement dépassé nos prévisions, sa date de lancement dans certains marchés a été modifiée ", indique l'entreprise à l'agence Reuters. Parmi les pays touchés : la Malaisie, l'Ukraine et la Russie. Un analyste de Nomura estime alors que Samsung pourrait écouler 15 millions d'unités de son nouveau téléphone , contre 12 millions prévu initialement. Bref, un raz-de-marée à venir malgré cette petite péripétie.

A peine mis en vente, des utilisateurs du Galaxy Note 7 se font l'écho d'explosions de batterie... Un bad buzz qui prend des proportions inquiétantes, des vidéos et des tweets circulant abondamment sur les réseaux sociaux.

Préférant jouer la carte de la sécurité, Samsung suspend les ventes de son produit phare le 2 septembre et procède à un rappel de 2,5 millions d'exemplaires. Un premier coup dur. La sortie du téléphone en France prévue ce jour-là est également reportée sine die.

Le 9 septembre, Samsung publie un communiqué sur son site Internet qui sème l'inquiétude : « Nous conseillons aux consommateurs sud-coréens se servant d'un Galaxy Note 7 de cesser d'utiliser l'appareil et de se rendre dans le point de service après-vente le plus proche pour prendre les mesures nécessaires. »

La veille, la Consumer Product Safety Commission, qui défend les intérêts des consommateurs aux Etats-Unis, avait demandé aux utilisateurs américains de ne plus se servir de leur téléphone, ni même de le recharger. Samsung est dans la tourmente .

Clap de fin. Le 11 octobre, Samsung annonce l'arrêt définitif de la production du Galaxy Note 7 après de nouveaux incidents recensés. Quelques jours plus tôt, le sud-coréen n'évoquait pourtant qu'une suspension temporaire des ventes. L'entreprise semblait alors croire qu'elle allait pouvoir poursuivre la commercialisation des nouvelles versions de son appareil équipées, elles, d'une batterie réputée plus sûre.

Le titre de Samsung a perdu 8% cette nuit à la Bourse de Séoul après que le groupe a ordonné officiellement la suspension des ventes du produit. Linda Sui, spécialiste de la téléphonie mobile au sein de Strategy Analytics et citée par l'AFP, estime que cette affaire pourrait coûter "10 milliards de dollars ou plus" au groupe coréen. Et de préciser : "L'impact sur l'image de marque et la confiance des consommateurs pourrait être bien pire."